Codeliapp et Convergence Nationale Rail


Assises ferroviaires de Convergence Nationale du rail à MONTREUIL (93) du 30 avril 2016

Les Assises ferroviaires, à l'initiative de CNR, nous ont permis de constater que nombre d'élus nationaux, soutenus par les nombreuses associations d'usagers ferroviaires (87), ont la volonté de développer ce service public de plus en plus attaqué : TET et trains de nuit, transport FRET et voyageurs.
La multiplication des comités de défense de lignes en est une bonne illustration face au désengagement de l'Etat et de la SNCF.
Le reconquête des territoires, la reconquête industrielle et le développement des transports publics de voyageurs et marchandises en intermodalité avec le transport routier et maritime doivent être prioritaires !
Pourquoi pas le retour des monopoles d'Etat afin que celui-ci joue son rôle de stratège ?
Le service public est toujours une idée révolutionnaire

L'Assemblée Générale de Convergence Nationale Rail du 16 décembre 2017

Didier Le Reste, président de la CNR, introduit la séance en remerciant le comité
d'établissement des cheminots de Paris Sud-Est qui a mis à disposition la salle pour cette AG.
Il indique des participants excusés (le secrétaire Laurent Russeil, le député Hubert Wulfranc,
l'ADLF Nancy-Merrey qui tient son AG annuelle le même jour...). La salle observe une
minute de silence à la mémoire des victimes du tragique accident survenu tout récemment à un
passage à niveau à Millas dans les P.O.
Didier Le Reste présente ensuite le rapport d'activité annuel de la CNR, qu'on trouvera
ci-joint.
Débat général

Ci dessous l'intervention de Sylviane ARNAC (CODELIAPP), intervenante parmi les autres associations similaires d'usagers :  

Sylviane Arnac (CODELIAPP) : nous sommes en plein dans le combat en ce moment car nous
avons appris de source officieuse que la Nouvelle Aquitaine veut supprimer 4 lignes de la
région, dont la nôtre (Agen-Périgueux). Notre secteur est très enclavé : c'est le train qui nous
sauve ; il y a déjà une forte dégradation du service.
La ligne Agen-Périgueux-Paris tient aussi fort à coeur à Périgord Rail Plus ; nous nous sommes
regroupés. Nous sommes passés dans toutes les mairies de la ligne (y compris quand les gares
7
ont fermé), puis dans les autres mairies du secteur. Nous avons réussi à les fédérer. Lors d'une
première réunion, les maires étaient très remontés, ils savent que l'avenir de leurs communes
passe par le train (on n'a plus d'usines, on ferme les écoles, les commerces disparaissent, la
population vieillit). À notre initiative une lettre type a été adressée par chaque maire au
conseiller régional chargé des transports, sans se faire d'illusion (en général, il répond dans les
6 à 8 mois). Il y a deux nouveaux ralentissements, on perd encore 6 minutes sur le trajet.
On demande au conseiller régional de recevoir tous les maires du secteur ; il n'y a pas encore
de réponse. Tous les maires vont donc l'appeler durant la même semaine pour demander de
nouveau un rendez-vous. S'il n'y a toujours pas de réponse mi-janvier, on envisage d'affréter
des bus de partout pour aller faire pression. On nous répond actuellement que nous ne sommes
pas concernés, mais nous avons vu les documents ! La pétition est signée, des gens nous
rejoignent, nous avoFrancis Portes (Agen) : Agen est à la frontière entre deux régions, l'Occitanie et la Nouvelle
Aquitaine, qui ont des politiques très différentes. L'Aquitaine propose de diviser les lignes par
lots. À Canfranc, le président de la région a des intérêts personnels.
Au niveau de la tarification, le TGV Inoui devient un produit à part dont certains veulent
exclure l'accès avec un abonnement de travail.
L'ouverture des guichets devient ridicule à la gare d'Agen.
La région est très céréalière, aujourd'hui il y a des chargeurs disposés à remplir des trains de
fret, mais les voies ne sont plus entretenues ! Un élu voudrait qu'elles soient réservées à des
compagnies privées.
La ligne Agen-Villeneuve ne rouvrira pas faute d'argent, c'est le prix de moins d'un kilomètre
de LGV !
On sait que l'offre d'ouverture de guichets va être diminuée de moitié en Aquitaine.
On voit la différence de politique avec la région Occitanie, il faut en tirer les conséquences.
Quand on n'a pas de représentant du service public parmi les élus, on est en grande difficulté.ns bon moral.

Francis Portes (Agen) : Agen est à la frontière entre deux régions, l'Occitanie et la Nouvelle
Aquitaine, qui ont des politiques très différentes. L'Aquitaine propose de diviser les lignes par
lots. À Canfranc, le président de la région a des intérêts personnels.
Au niveau de la tarification, le TGV Inoui devient un produit à part dont certains veulent
exclure l'accès avec un abonnement de travail.
L'ouverture des guichets devient ridicule à la gare d'Agen.
La région est très céréalière, aujourd'hui il y a des chargeurs disposés à remplir des trains de
fret, mais les voies ne sont plus entretenues ! Un élu voudrait qu'elles soient réservées à des
compagnies privées.
La ligne Agen-Villeneuve ne rouvrira pas faute d'argent, c'est le prix de moins d'un kilomètre
de LGV !
On sait que l'offre d'ouverture de guichets va être diminuée de moitié en Aquitaine.
On voit la différence de politique avec la région Occitanie, il faut en tirer les conséquences.
Quand on n'a pas de représentant du service public parmi les élus, on est en grande difficulté.

Éléments de conclusion présentés par Didier Le Reste :
Sur la question de l'Europe : les échéances électorales sont toujours des moments importants.
Depuis sa création la CNR s'est positionnée contre ces politiques de libéralisation ; avec le 4ème
paquet ferroviaire on arrive à la fin du démantèlement des organisations historiques du rail.
Nous pourrons redire ces choses, mais nous ne partons pas de rien.
Les convergences : face à la balkanisation en matière d'organisation du rail, il y a nécessité de
se rassembler, même si déjà plusieurs collectifs se retrouvent sur les territoires, pour mettre en
échec les stratégies patronales et gouvernementales. Rappelons-nous, il y a quelques années :
avec les « plans rail », les régions ouvraient le tiroir-caisse pour financer des choses qu'elles
n'avaient pas à faire. Je m'y étais opposé à l'époque en disant : attention, vous mettez le doigt
dans l'engrenage en vous substituant à la responsabilité de l'État, le clivage entre régions
riches et pauvres, le problème de la propriété du matériel roulant (Pépy était d'accord pour le
transfert aux régions). Il s'en est suivi une désorganisation de la structure historique du service
public ferroviaire.
Nous étions bien représentés au forum des associations d'octobre dernier : il faut aller de façon
décentralisée dans les territoires, porter des cahiers des charges, améliorer le rapport de forces.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières !
Il n'y a pas de limite dans les convergences, du moment qu'on n'instrumentalise rien, qu'on
respecte l'indépendance et l'autonomie de chacun, comme le travail que l'on accomplit avec le
collectif « oui aux trains de nuit ».
L'endettement : il faut cesser de dire que la SNCF est endettée, il s'agit d'une dette de l'État, au
moins à 80%. Il est insoutenable d'entendre le chantage de Macron à ce sujet, comme si les
cheminots étaient responsables de la dette.